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MARINE SERRE : le Praimfaya de la mode

Le jour J est passé ! Le défilé de Marine Serre a eu lieu hier à Paris et la jeune prodige de la mode est (à nouveau) parvenue à nous surprendre ! Focus sur « Mind Melange Motor« , la nouvelle collection de Marine Serre.

La mise en image artistique d’un siècle à l’agonie

Marine Serre

Ce matin, c’était donc au tour de Marine Serre de présenter sa collection automne-hiver 2020-2021. Une collection présentée dans un décor presque normal pour cette créatrice de mode habituée à nous transporter dans des lieux hors du « système ». Cette année, l’espace est habillé par un jeu de couleur désigné pour bâtir l’atmosphère du défilé. Une atmosphère d’abord grise, beige à la colorimétrie neutre avant de glisser vers la chaleur, le rouge et l’orangé. C’est à la fois succinct et perceptible : une ambiance nous rappelant l’urgence liée au réchauffement climatique et les conséquences désastreuses de notre présente inaction. Après tout, Marine Serre n’est-elle pas la mise en image artistique d’un siècle à l’agonie ?

Mais concentrons nous sur la collection. Cette dernière semble être tissée comme une véritable histoire. Si nous passons les premières pièces – qui sonnent comme un rappel – la créatrice nous offre un début d’histoire intelligent. Comme un hommage à un peuple bourgeois ayant survécu à la fin du monde, Marine Serre recouvre ses silhouettes en aspirant les codes du luxe. Des codes qu’elle s’amuse à tirer, décortiquer, mélanger… puis réinventer ! C’est en tout cas ce qui semble être les traces de cet acte 1 : des vestes imprimées pieds de poule distendues en robes, des chaussures rose fuchsia relevant la neutralité des couleurs, des costumes noirs oversize et des écharpes en fourrure. Marine Serre pousse l’aristocratie dans l’apocalypse histoire de mettre les pendules à l’heure : tout le monde y fait face, sans privilège aucun ! Il ne s’agit pas forcément de la partie la plus orignale de la collection mais elle a le mérite d’être visuellement agréable, techniquement irréprochable et – surtout – réellement intelligente.

Ensuite, la partie All Black nous rappelle « Marée Noire », une transition parfaite pour marquer le déclin de cette noblesse… et l’arrivée d’une véritable réussite stylistique : le style Marine Serre prêt à affronter l’hiver. L’hiver au sens éternel. L’hiver au sens de la fin, du néant. Sous cette neige invisible, les parkas sont grises et soignées, les tricots sont mixées au cuir de qualité… ce dernier parfois frappé des « lunes » emblématiques de la créatrice. La fourrure brute, quant à elle, nous rappelle celle des trappeurs. Des trappeurs aux airs de combattants du grand nord propulsés en pleine Fashion Week… aucun doute, Marine Serre étoffe son univers pour notre plus grand plaisir !

On retiendra aussi le fameux sac « ball » de la créatrice, cette fois décliné en collier. Un collier que nous rêverions pouvoir arborer dans la rédaction tant le sac Ball nous plaît… vraiment ! Une incontestable réussite de la créatrice du côté des accessoires. Ces derniers sont généralement toujours parvenus à relever le textile de ses collections comme la parfaite dose de sel relevant le goût d’un plat détonnant.

Ainsi, Marine Serre nous propose une histoire. Une histoire forte et totalement en raccord avec l’essence même de son ADN. À nouveau, elle marque sa différence comme un ovni catapultée depuis le futur. Un futur certes effrayant – voir violent – mais incontestablement visionnaire ! Cette collection sonne comme une prise de conscience et un acte quasi militant de la part de la créatrice. À la rédaction, c’est l’unanimité : il s’agit incontestablement de la meilleure collection de Marine Serre ! Véritable bouchée d’air frais, la jeune française nous transporte – encore et toujours – aux différents étages de son univers. Pas de dégringolade mais un véritable coup de canon vers un monde anxiogène et magnifique : deux éléments difficiles à marier mais pourtant si bien accouplés chez Marine Serre. Un univers dont elle prouve l’absence de limites, la largeur du champ et l’intelligence de l’existence.

Un coup de génie que nous saluons… et une artiste que nous admirons. C’était poivré, merci !