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Ludovic de Saint Sernin
Ludovic de Saint Sernin par MATTHIEU DORTOMB

Ludovic de Saint Sernin : quand la mode brise le politiquement correct

La mode est un cercle si fermé qu’une bouffée d’air frais ne fait jamais de mal. Incarnée par Ludovic de Saint Sernin, nouvelle sensation de la mode française, cette bouffée d’air nous éloigne de la ligne de conduite homogène adoptée par les grandes maisons du secteur. À l’antipode de ces dernières et leur conduite (trop) irréprochable, la maison Ludovic de Saint Sernin nous rapproche de là où l’édulcore est banni. À notre grand soulagement !

Vous vouliez du minimaliste ? En voici, en voilà ! Ludovic de Saint Sernin manie cet art avec une facilité déconcertante et fait naître en nous l’envie de sortir dans la rue moins vêtu. Avec un sens inné du détail, ce jeune créateur français ne cesse de nous surprendre. Alors quelle est la recette de ce nouveau designer qui semble peu à peu gravir les marches du panthéon de la mode ?

Le paroxysme d’une mode sensuelle et minimaliste

Si vous ne connaissez pas encore Ludovic de Saint Sernin, peut-être l’avez vous déjà aperçu sur la chaine YouTube de Loic Prigent ou sur Instagram ? La visibilité de ce dernier croît au rythme de son univers et nous entraîne – inexorablement – dans ses filets. Après une première collection saluée pour son audace, la deuxième collection (intitulé « Heartbreak« ) confirme déjà l’entrée du créateur dans la cour des grands. Ludovic de Saint Sernin ne semble pas vraiment s’intéresser au genre et préfère explorer sa vision interne de la masculinité. Une vision multiple, célébrante, légère et sexualisée : jockstraps, accentuation de l’attention sur le sexe, représentation des rôles attribués à la communauté gay… les références son multiples, à la fois omniprésentes et discrètes. C’est le style Ludovic de Saint Sernin !

Les 5 ingredients de Ludovic de Saint Sernin

Le perfectionnisme, le sexe, la personnification, le minimalisme et la vérité. Oui, car il y a une chose qui transparait instantanément dans les collections de LDSS (Ludovic De Saint Sernin) c’est l’absence de mensonge. La maison est à l’image de son créateur et ne cherche pas à incarner quelque chose de prétentieux ou de métamorphosé. Ici, le visuel est brut, sincère, à la fois accueillant et intelligent. On ne peut percevoir la signification des vêtements du premier coup d’oeil mais l’on peut en déceler les secrets. Pour se faire, lier les décisions artistiques au thème déterminés pour chaque collection est le joker que nous fourni Ludovic. De l’art sans artifice – pouvant être insaisissable pour certain – mais de l’art pourvu d’une signification ne tirant pas seulement sa révérence au design. Enfin !

« Signifier ». Voilà un mot qui semble coller à cette maison sans codes ni ficelles. Les vêtements suggèrent mais n’imposent pas. Les points de vue possibles sont assez nombreux pour repousser la neutralité. En réalité, il semble même y en avoir d’innombrables ! L’interprétation est vaguement guidée mais strictement libre, à la fois sophistiquée et placée devant les barreaux. Surtout, l’interprétation est exempt de toute prétention. Oui, l’artisanat au sens juvénile s’éloigne de LDSS pour laisser place à un artisanat haut de gamme et parfaitement contrôlé : l’artisanat d’art. Un studio qui sait proposer un style unique pour démarquer ses créations. Ici, on ne vend pas des vêtements pour aller faire vos courses, on vend des vêtements sensuels et originaux pour réchauffer vos soirées… et (surtout) bousculer vos nuits.

Pour en découvrir un peu plus, voici la seconde vidéo de Ludovic de Saint Sernin par Loic Prigent. Un pied magistral au coeur de son défilé « Heartbreak » (Défilé Automne-Hiver 2021). On y découvre un designer qui sait ce qu’il veut, qui n’hésite pas et qui vit son art sans faux semblants. Son appartement – transformé en atelier pour l’occasion – nous montre l’envers du décors où une équipe travail avec passion aux côtés créateur.